mercredi 13 février 2013
Sur le bord de la rivière Piedra…
…Je me suis assise et j’ai pleuré. La légende raconte que tout ce qui tombe dans les eaux de cette rivière, les feuilles, les insectes, les plumes des oiseaux, tout se transforme en pierres de son lit. Ah ! que ne donnerais-je pas pour pouvoir arracher mon cœur de ma poitrine et le jeter dans le courant… Il n’y aurait alors plus de douleur, plus de regret, plus de souvenirs.
Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j’ai pleuré. Le froid de l’hiver a fait que j’ai senti les larmes sur mon visage, et elles se sont mêlées aux eaux glaciales qui coulent devant moi. Quelque part, cette rivière en rejoint une autre, puis une autre, jusqu'au moment où, bien loin de mes yeux et de mon cœur, toutes ces eaux se confondent avec la mer.
Que mes larmes coulent ainsi très loin, afin que mon amour ne sache jamais qu'un jour j’ai pleuré pour lui.
Paolo Coelho
lundi 24 septembre 2012
samedi 13 août 2011
samedi 14 août 2010
vendredi 19 février 2010
Antoine de Saint Exupéry
Prière de la solitude
" Ayez pitié de moi, Seigneur, car me pèse ma solitude.
Il n'est rien que j'attende. Me voici dans cette chambre où rien ne me parle.
Et cependant ce ne sont point des présences que je sollicite,
me découvrant plus perdue encore si je m'enfonce dans la foule.
Mais telle autre qui me ressemble, seule aussi dans une chambre semblable,
voici cependant qu'elle se trouve comblée si ceux de sa tendresse vaquent ailleurs dans la maison.
Elle ne les entend ni ne les voit. Elle n'en reçoit rien dans l'instant.
Mais il lui suffit pour être heureuse de connaître que sa maison est habitée.
" Seigneur, je ne réclame rien non plus qui soit à voir ou à entendre.
Vos miracles ne sont point pour les sens.
Mais il vous suffit pour me guérir de m'éclairer l'esprit sur ma demeure.
" Le voyageur dans son désert, s'il est, Seigneur, d'une maison habitée,
malgré qu'il la sache aux confins du monde, il s'en réjouit.
Nulle distance ne l'empêche d'en être nourri, et s'il meurt, il meurt dans l'amour...
Je ne demande donc même pas, Seigneur, que ma demeure me soit prochaine.
" Le promeneur qui dans la foule a été frappé par un visage, le voilà qui se transfigure,
même si le visage n'est point pour lui.
Ainsi de ce soldat amoureux de la reine. Il devient soldat d'une reine.
Je ne demande donc même pas, Seigneur, que cette demeure me soit promise.
" Au large des mers il est des destinées brûlantes vouées à une île qui n'existe pas.
Ils chantent, ceux du navire, le cantique de l'île et s'en trouvent heureux.
Ce n'est point l'île qui les comble mais le cantique.
"Je ne demande donc même pas, Seigneur, que cette demeure soit quelque part...
" La solitude, Seigneur, n'est fruit que de l'esprit s'il est infirme.
Il n'habite qu'une patrie, laquelle est sens des choses.
Ainsi le temple quand il est sens des pierres. Il n'a d'ailes que pour cet espace.
Il ne se réjouit point des objets mais du seul visage qu'on lit au travers et qui les noue.
Faites simplement que j'apprenne à lire.
" Alors, Seigneur, c'en sera fini de ma solitude. "
Citadelle CXXII/III
lundi 23 novembre 2009
Pour toi
La nuit n'est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l'affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.
Paul Eluard
Puisque je l'affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.
Paul Eluard
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